Toronnées & Marronnées, commissariat et participation à l’exposition, erg galerie, avec Emma Cogné, Lutèce Mauger, Mélanie Utzmann-North et Tom Valckenaere (Avril 2018)

Dans le travail de cordier, un toron est un ensemble de fils de caret, base du cordage, tournés, 3 ou 4 torons commis, tournés, ensemble formeront une corde, un cordage ou un câble.

Le terme de “marron” vient de l’espagnol cimarrón : “vivant sur les cimes” ; (cima: cime), c’est un mot qui désigne des animaux qui, de domestiques, après avoir été abandonnés ou s’être échappés retournent à l’état sauvage. À partir de 1540, ce terme désigne les esclaves fugitifs.

En piraterie, le marronnage désigne l’acte d’abandonner quelqu’un dans un endroit inhabité, tels une île déserte ou un banc de sable. Familièrement marronner est synonyme de maugréer, grogner, murmurer, râler.

(A) Comparaison de squelette [cheval-humain]

(B) Vue d’ensemble

(C) Sculptures harnachées

(D) Gale de boue

(E) Miroitements

A

A

B

C

C

D

C

E

E

Bandits Manchots, participation à l’exposition, 251 Avenue Louise, Bruxelles (Juin 2018)

(F) Vue d’ensemble

(G) Arbres du cerveau reptilien

(H) Croquis préparatoire

(I) Mat Misssouri

(J) Bouquet

(K) “Victor veut galoper”, performance lors du vernissage,

costume : Jambières Serpent-Nuage, sérigraphie sur sky,

cuir rouge et faux cuir.

F

G

H

I

F

G

J

K

Harnachement, Léa Beaubois, Mémoire (Septembre 2018)

Le harnachement c’est au départ l’ensemble des équipements des chevaux que j’ai envisagé comme objet d’étude, d’expériences et d’interprétations. Cela renvoie à l’école, l’éducation, la servilité, la dominance, l’autorité, les notions de besoins, d’outils, de relation à “l’autre”, d’érotisme, de fantasme, de sexualité, les rapports homme-femme - non-humain à l’environnement, à l’histoire, celles d’expériences

intérieures au bord de la fiction, celles que j’ai consciemment vécue comme une expérience avec mon cheval...

Le projet Jéricho qui est à la base du livre “Harnachement” dont vous avez ici un premier essai c’est un peu tout ce que je peux toucher, essayer de fabriquer, travailler, inventer, faire, pour renouer avec mon cheval autant que comme ancrage noeudal pour une série d’oeuvres. Un récit de sculptures harnachées, clouées, vissées, des souvenirs emberlificotés, des fantasmes qui coulent, des paysages qui éclosent comme dans une explosion spontanée.

Dans un mélange de souvenirs, d’éléments techniques et de fiction, abordant les notions d’amour, de jouissances, d’illusions, de dominations, de perte de soi et d’invention de mondes.

Misssouri, Super School, édité par le Confort Moderne, distribué par les Presses du Réel (2016).

Conception graphique.

Écriture du texte Peau de lapin, p242-251, dans le chapitre “LET’S MAKE A DIRTY MOVIE”, Misssouri, Super School, 2016.

Misssouri est un roman choral, une superposition de récits de différentes vitesses, de différentes natures, écritures, impressions, documents, interviews, objets, scénarios tout compris comme un exercice au bord de la fiction où se joue l’obsolescence des conflits œuvres/documents, tout, les ensembles, les fantasmes, les genres. Les intrigues. L’éducation, la géographie, les zombies, la jungle, les westerns, les college-movie, les souterrains, le vin et la grasse et les ampoules fluorescentes, le motocross, tout et surtout, tout, tout sans aucun avis d’exhaustivité, ni d’objectivité, est possible. On raconte cette compilation de choses vécues et pensées, on l’amplifie. On la déplace. On la rejoue. Un feu. Un hôtel. Une scène… réalisée comme on réalise l’intrigue d’un film. Toute la préparation étant déjà, bien sûr, le projet. Une sorte de “socialisme” expérimental qui raconte qu’il est en train de se faire. Une forme d’histoire en roue libre.

L’école est au cœur de ce premier roman Misssouri, pédagogie, éducation, économie des rapports en font l’intrigue. Chaque entrée de chapitres porte le nom d’un collège movie, un de ces huis clos de série dont l’intrigue est située sur un campus et qui travaille l’étudiant voire l’enseignant comme “formes”, comme nœud, comme fantaisie. Les schizophrènes ne sont pas plongés en eux-mêmes. Ce sont des hyperactifs de l’association. Le monde devient moite comme une bibliothèque.


Avec Aude Anquetil, Léa Beaubois, Bérénice Béguerie, Guillaume Boutrolle, Sophie Boiron & Pierre Huyghebaert, Stéphanie Cherpin, Yann Chevallier, Béatrice Delcorde, David Evrard, Alberto García del Castillo, Jill Gasparina, Victor Givois, Clément Hebert, Laurent Le Deunff, Quentin Lemarchand, Justin Lieberman, Mélissa Medan, Kaliane Meret, Raphaël Pirenne, Émilie Pitoiset, Georgia René-Worms, Badi Rezzak & Nelson Louis, Leslie Ritz, Wilken Schade, Alexander Schellow, Julien Sirjacq, Georgina Starr, Joëlle Tuerlinckx, Nicolas Valckenaere, Tom Valckenaere, Laure Vigna, Lauren Van Haaften-Schick, Mathilde Villeneuve, Adva Zakaï.

Le visage télévisuel de Marie-Thérèse Ordonez, dite Maïté, me glace lorsque je la découvre dégustant des ortolans. Ce monument de l’émission culinaire d’un érotisme glabre, cette grosse femme se délecte lubriquement de passereaux. Les ortolans, petits oiseaux migrateurs, capturés dans des cages en grillages appelées « matoles », sont engraissés dans l’obscurité, à force de graines d’alpiste. 3 semaines plus tard ils sont brûlés vifs dans l’armagnac, un alcool typique des Landes, puis dévorés entiers, presque aussitôt : tête, plume, bec, abats… Et là, Maîté dans la télé, partage ce moment avec des centaines de milliers de personnes. Elle ronfle et glousse de bonheur comme si elle avalait Rocco Sifreddi. C’est sordide.

J’imagine un mélange raffiné de saveurs délicates, suintant de graisse et de sang qu’il est bon de réserver à la seule serviette. Personne ne veut voir une bouche dégoutter de sang et de graisse, ni les yeux chavirés de celui qui mange. Il est donc de coutume de se couvrir le visage d’une serviette, pour se cacher de la colère des dieux selon la rumeur, et des militants selon la loi…

Le mets en lui-même me répugne, mais c’est surtout d’apprendre que l’ortolan est une espèce en voie de disparition qui m’intrigue, la curiosité monte en moi comme une araignée sur la cuisse. L’ortolan est protégé et selon la LPO [Ligue Protectrice des Oiseaux], dans certaines campagnes landaises, cette pratique perdurerait. Elle donne lieu à des « affrontements » entre militants écologistes et « chasseurs ». Des hommes en viennent aux mains… pour un petit oiseau d’à peine 20 grammes qui pourrait valoir 150 euros sous le manteau… Une vieille tradition aristocratique, théâtralisée à l’extrême, perdure malgré la triste condition de notre environnement.

Caméra-télé braquée pour saisir le bruit des os brisés, pour donner corps à ce malaise, dans un visage, le faire goûter, le palper, m’en imbiber, de cette graisse…

J’arpente ces lieux de troubles par des formats divers, pour enclencher des discussions, dénouer les langues. Interroger la forme du repas, mettre en place un protocole, sonner le toast, appeler les convives à se mettre à table, enfiler leurs serviettes, éclairés par quelques bougies. Dans des assiettes faites de grillages, grappiller des pépites, des nourritures croustillantes, alcoolisées, suintantes de graisse, bourratives, liqueur, mirabelle. Il me fallait refaire la scène, pour l’éprouver. Et décortiquer les complexes saveurs que pourrais provoquer un ortolan en bouche.


Les Ortolans de la Colère, repas performance (2017)

Projection montage vidéo à partir d’archives INA.fr, journal télévisé TF1, documentaire Ligue de Protection des Oiseaux, Émission de cuisine avec Maïté, extrait d’Hannibal, la série.

Installation, tournesols fanés, chardons séchés, candelabres, assiettes en grillage à matoles,

Menu, pop corn, nuggets vegan, protéines de soja, gougères au fromage, prune liquide et Armagnac.

(L) Flyer Géant, impression traceur, contre-collage, 570x570mm

L

(M) Écureuil, For your runny nose, parafine mixte, pochette de mouchoir

(N) Albatros, Bird like you, parafine mixte, caoutchouc, sac poubelle, impression laser A3

(O) Vautour, Burn Bird Burned, parafine mixte, impression laser A3

M

Diagonal Void Embassy Window

[Vitrine de la Diagonale du Vide], CAVE CLUB, sur une invitation de Roxane Maillet et Lou Maria Le Brusq, Synesthésie ¬ MMAINTENANT, Saint-Denis (2019)

CAVE CLUB, club de lecture sur le modèle des salons Lesbiens

elle-même invitée par Lou-Maria Le Brusq dans le cadre de sa résidence à Synesthésie ¬ MMAINTENANT.

Lecture d’extraits du roman “Harnachement”, Léa Beaubois.

(P) Silhouettes, tirées des illustrations du roman “Harnachement”, d’après les dessins originaux de Guido Crepax, Namio Harukawa, Gene Bilbrew, Eric Stanton et photographies de Bettie Page. Encre de Chine et écoline outremer, papier plume, dimensions variables, 2019

(Q) Trente-et-une mamelles, service pour soupe au pistou, 31 pièces moulées sur mon sein gauche, argile rose, cuisson primitive dite “gauloise”, 2019

P

P

P

P

P

Q

R

Bill & Bob, Chez Bob à Bruxelles, sur une invitation de Guillaume Boutrolle et Bérénice Béguerie

(R) Werewolves Pussy Panties [Loups-Garous Chattes Culottes], collage, pastels gras, feutres, 350x300mm, 2019

(S) Culotte “Disco Undiz”, dévorée par Leto, chienne Berger Suisse, 240x300mm, 2019

S

R

S

“Harnachement”, Reading/Performance, Magma Festival & Super School, RECLAIM THE CLIMAX, KANAL - Centre Pompidou Bruxelles, 15-20.05.19

MAGMA est un projet initié par le master Sculpture de l’erg, école de recherche graphique, Bruxelles, le “Mystère de Cherbourg”, master en art de l’ESAM Caen/Cherbourg et Misssouri Pictures, Bruxelles en collaboration avec le DAD, Dirty Art Department du Sandberg Instituut, Amsterdam.

Extrait de la lecture :


(…) Ce cheval blanc c’est mon rêve de gamine et toutes mes prétentions.
Je suis amoureuse de lui depuis quatorze ans. Je marche à sa rencontre pendant que des lassos, des serpents et des petites guirlandes s’impriment sur ma rétine. Je suis perforée, prête à être raclée.

Cloves and Covers, Biennale de Mulhouse 019, 2019

Horses, horses, horses, horses

Coming in in all directions

White shining, silver studs with their nose in flames,

He saw horses, horses, horses, horses, horses, horses, horses, horses.

Patti Smith, “horses”, 1976


De la neige et de la terre et du café et des aboiements de chiens au loin. La possibilité que ce travail soit interdit aux mineurs. Des paillettes et des choses qui montent. La foudre qui couine dans une bouteille, des lapins torrides qui courent sur sa peau. Des cieux qui se jettent dans la soupe, des fleurs qui sifflent, l’orgasme des biches, des carapaces de tortues, des fraises, des dents, des parures, des chansons trainantes comme des bulles de verre qui éclatent dans le feu. Des piles de livres et d’assiettes cassées et des morceaux d’animaux qui trainent dans la vaisselle et avancent. La même chose, encore, et en mieux.

David Evrard


Cloves and Covers est une série de couvertures de romans, à partir de la même histoire déclinée en différentes versions graphiques, complètes et non-censurées. Auteur des peintures originales, Bulat Gilvanov (1972) devient écrivain à succès de portraits de princesses, cavalières, guerrières, légendes du peuple Tatare, de fresques de vies fracassées, y mêlant la Diagonale de Vide, la Route Nationale 79 dans un genre littéraire anxiogène et de périphérie.

(T) Cloves & Covers I, II, III, peinture tempera, sérigraphie, châssis en bois, toile coton, 160x100cm, 2019

(U) Maria Felix in Face Sitting, Silhouette by Éric Stanton

autel pour le livre “Harnachement”, Léa Beaubois, 2019, tiramisu, cardamome, clou de girofle, profiterole, artifice, guirlande lumineuse, noyaux d’avocat, cannelle en bâton, foin, blé sauvage, coquelicot sauvage, impression laser, coquille d’œuf d’oie, enveloppe, cacao, curcuma…

T

T

U

U

U