
« Les mules, elles, trouvèrent facilement repreneurs, les plus abîmées sur l'échoppe du boucher.Pour Jenny Soleil, ça s'était plutôt bien mis. Fini de trimballer du minerai à tout bout de champ, dénué d'herbe. Ce jour-là, les sillons de fer tels des cicatrices mal ressoudées s'étaient glissés dans son champ de vision. Elle avait sursauté, les rails étaient légèrement [...]

Retour à Cayro, « combien de pelletés de terre faut-il pour enterrer définitivement le passé? ». Se racheter, quand l'ardoise est salée, quand tout est complètement parti en vrille, que tout paraissait foutu depuis le départ, qu’il n’y avait aucune chance que ça se passe bien. Encore aurait-il fallu avoir envie que ça se passe [...]

En 1908, année où le baron Henry d'Anchald examina scientifiquement le bien fondé de cette nouvelle mode. Par une température à l'ombre de 26°, il plaça un thermomètre sur la tête de 3 chevaux au repos : il nota 40° sous le chapeau de toile de l'un ; 37° sous le chapeau de paille du second et 32° sous le toupet flottant du troisième. Par la même température à l'ombre, il fit trotter les [...]

La question du cheval chez les nature writers pourrait donc être étendue à une gamme d’ouvrages plus large. Il est par ailleurs intéressant de constater que les écrits des auteurs évoqués se situent dans le prolongement du développement de l’éthologie à partir des années 1970. Dans une dynamique post-humaniste, le cheval peut donc être lu dans sa pluralité de réalités et de représentations qui lui conférent un statut post-anthropocentrique singulier, aux antipodes d’un [...]

« Les animaux domestiques ne font pas réellement partie de notre monde ni du monde des non-humains. Ils sont pour toujours dans un enfer de vulnérabilité, dépendant de nous en toutes choses et en danger dans un environnement qu’ils ne comprennent pas vraiment. Nous les avons élevés afin qu’ils soient conciliants et serviles, qu’ils soient dotés de caractéristiques qui sont réellement dangereuses pour [...]

« Sous l’épicéa, dans la fine couche de givre, il restait l’empreinte d’un corps qui s’y était posé la nuit. Celle d’un grand cerf devenu mulet que l’absence du poids de sa ramure tombée déconcertait ? On dit que les cerfs sont parfois tellement troublés par la chute de leurs bois qu’ils s’isolent du clan. Je me suis couchée à même l’empreinte, sur mes jambes repliées. Je voulais ressentir la perte, porter ma tête comme si toute sa montée osseuse, tout son [...]

Les feuilles sont animées, volontaires, en pleine et totale foutue « conscience ». La chute des feuilles est une chanson aussi pour les épines de [...]

[…] Au fil de cette après-midi, je sens poindre des instants de malaise, seulement l’impression d’assister à un rituel sur sa fin et de célébrer, dans un concert de tronço, la fin de leur métier. Les forêts qui sont replantés en grille n’ont pas besoin de bûcherons, le vrai monstre de la foire est une bestiole capable de couper, découper, étêter et empiler un arbre en moins d’une minute, avec un seul bonhomme agile de la manette à l’abri dans une cabine climatisée. [...]